Étude de cas

Orientation professionnelle dans les établissements d’enseignement technique en Égypte

Service
de l'emploi:
Orientation professionnelle
Orientation
Préparation
Adéquation
Orientation
Préparation
Adéquation
Prestataires

En Égypte, les établissements d’enseignement technique secondaire offrent un programme d’orientation professionnelle complet spécifiquement adapté aux élèves qui fréquentent un établissement d’enseignement technique secondaire dépendant du secteur de l’enseignement technique du ministère de l’Éducation.

L’unité « School to Work Transition » (STWT), créée par le ministère de l’Éducation, fonctionne au niveau national et au niveau des gouvernorats pour coordonner les services d’orientation professionnelle et autres services scolaires de promotion de l’emploi des jeunes dans le système d’enseignement technique égyptien.

 

Le Projet de promotion de l’emploi de la GIZ (Employment Promotion Project – EPP I, 2011-2015) a apporté un appui technique au ministère pour l’élaboration, en coopération avec des enseignants techniques, du programme d’orientation professionnelle et pour son introduction dans les établissements d’enseignement technique secondaire (TSS).

Le projet EPP II de la GIZ (2016 à ce jour) a pour mission d’institutionnaliser le cursus d’orientation professionnelle dans l’enseignement technique.

Sa diffusion est appuyée par le projet WISE de l’USAID et par le projet TVET II de l’UE. La GIZ a réalisé la première évaluation des impacts et produit des informations sur les professions (cartes des professions, clips vidéo) conjointement avec le projet de l’OIT « Decent Jobs for Egypt’s Young People » (Emplois décents pour les jeunes Égyptiens »).

Groupes cibles

Les élèves égyptiens des TSS bénéficient d’une orientation professionnelle tout au long de leur cursus technique, de la seconde à la terminale (obtention du diplôme), c’est-à-dire entre les âges de 15 ans et de 18 ans.

Dans certains gouvernorats comme Alexandrie, Qena et New Valley, la couverture est quasi intégrale: pratiquement toutes les classes de tous les TSS participent au programme d’orientation professionnelle. Le ministère de l’Éducation a prévu de parvenir à une couverture similaire dans d’autres gouvernorats.

Objectifs

L’orientation professionnelle assurée dans les établissements techniques égyptiens permet aux élèves de prendre des décisions éclairées pour gérer la transition entre l’école et, soit la vie professionnelle, soit une formation ou un enseignement supérieur. Elle encourage les élèves à bâtir leur carrière en fonction de leurs points forts et les sensibilise aux opportunités qui existent dans des domaines professionnels non académiques.

Le fait d’aider les élèves à acquérir des compétences de gestion de carrière contraste avec les modèles qui fournissent aux élèves des conseils d’experts (par exemple, sur la base de résultats de tests) les orientant vers des voies éducatives ou des domaines professionnels précis.

 

Le programme d’orientation professionnelle est conçu pour apporter aux élèves une orientation: pendant leur scolarité, les élèves étudient, d’une part, leurs points forts, leurs valeurs et leurs ressources individuelles et, d’autre part, les possibilités d’apprentissage et de travail disponibles. Ils élaborent ensuite des options de transition individuelles (vers le monde professionnel et
l’enseignement supérieur) dans lesquelles leurs points forts individuels coïncident avec les opportunités disponibles. Les élèves examinent et comparent alors leurs options de transition; ils définissent des priorités, mènent des recherches, planifient et commencent à prendre des décisions avant de passer leur diplôme en terminale.

 

Les élèves acquièrent des compétences de gestion de carrière non seulement pour cette première transition cruciale entre l’école et le monde du travail, mais aussi pour toutes les décisions de carrière qui suivront inévitablement (préparation). Ils apprennent comment les employeurs sélectionnent les candidats et en déduisent comment faire pour rechercher un emploi et postuler. Ils discutent de situations professionnelles critiques pour apprendre à mieux gérer les enjeux qui leur permettront de conserver un emploi. Ils reçoivent des informations sur les aspects juridiques du travail salarié (droits et devoirs) et du travail indépendant. Le programme d’orientation professionnelle développe leurs compétences de recherche. Les élèves choisissent les opportunités de travail et de formation qui les intéressent et les étudient de manière approfondie sur le terrain afin d’obtenir des informations et des impressions concrètes. Les résultats de ces recherches sont partagés en classe. Les élèves doivent ainsi mettre en pratique leurs compétences de prise de décision, de recherche, de présentation et autres compétences liées à l’emploi (travail d’équipe, etc.).

 

L’« adéquation » est alors plutôt de l’auto-adéquation: les élèves apprennent à trouver eux-mêmes des premières expériences professionnelles qui leurs correspondent puis à développer leurs carrières.

Approche de l’intervention

Contexte:

 

En Égypte, comme dans de nombreux pays, l’orientation professionnelle est un nouveau domaine de travail émergeant. En janvier 2010, un groupe de travail national sur l’orientation professionnelle a identifié un manque criant de services d’orientation professionnelle au sein du système éducatif égyptien, ce qui avait un impact négatif sur l’emploi des jeunes.

Généralement, les élèves sont sélectionnés à l’entrée des établissements d’enseignement exclusivement sur la base de leurs résultats aux examens nationaux.

 

D’après les données de l’OIT1, les jeunes qui abandonnent l’école sont confrontés à une période de transition longue et difficile avant de trouver un premier emploi régulier; plus de 90 % des jeunes travailleurs égyptiens occupent des emplois informels. La plupart des élèves en établissement d’enseignement technique indiquent vouloir suivre une formation supérieure. Dans le même temps, il existe une forte demande non satisfaite de ressources humaines dans le secteur de la production, ce qui a un impact négatif sur la productivité et le développement économique.

 

Le ministère de l’Éducation a considéré que l’enseignement technique était un bon point de départ pour développer ses premiers services d’orientation professionnelle destinés à faciliter la transition entre l’école et la vie professionnelle.

 

Premières étapes

 

Une phase d’expérimentation (2012-2015) a d’abord permis d’élaborer et de tester un programme d’orientation professionnelle complet avec 40 enseignants travaillant dans six établissements d’enseignement technique secondaire (TSS). Les experts de l’EPP (GIZ) leur ont présenté les bases et les principes de l’orientation professionnelle et une première série d’unités provisoires. En collaboration avec ces enseignants pionniers, les unités et les sessions ont été adaptées à l’environnement culturel local et au contexte de l’enseignement technique. Les enseignants participants ont également organisé des sessions centrales pour étudier les différences par rapport à l’enseignement ordinaire. Ils ont testé le programme auprès d’élèves et rassemblé des informations sur ces expériences concrètes intéressantes qui ont considérablement amélioré et enrichi le programme. Sur la base de cette approche expérimentale, trois manuels d’application (un pour chaque niveau) ont été créés et les concepts et manuels de formation des facilitateurs et des multiplicateurs ont été publiés en vue d’une utilisation à grande échelle.

 

Le programme d’orientation professionnelle

 

Le programme final est composé d’une série de leçons et d’activités centrées sur l’élève, qui sont délivrées par des enseignants formés (« facilitateurs de l’orientation professionnelle ») tout au long
des trois années d’enseignement technique. Il comprend 63 sessions de 90 minutes chacune, soit un total de 94 heures d’interaction directe entre les facilitateurs et les élèves (« clients »). Ces derniers bénéficient de 21 sessions par an à l’école et effectuent les exercices supplémentaires (individuels ou en groupe) en dehors de l’école.

 

Méthodes

 

Le contenu du cursus fait appel à des méthodes d’animation sophistiquées et à des facilitateurs compétents capables d’utiliser des méthodes modernes pour aider les élèves à maîtriser les acquis de l’apprentissage prévus. Ces acquis de l’apprentissage sont personnels et diffèrent selon les élèves. De nombreuses méthodes variées (présentations, approches basées sur l’imagination, discussions de groupe, travail individuel, travail par deux, travail d’équipe, jeux de rôle, études de cas, pratiques réfléchies, cours magistraux, compétitions, clips vidéo, activités assistées par ordinateur, jeux moteurs et mentaux, brainstorming, etc.) sont utilisées pour aider les élèves à comprendre ce qu’ils pensent, ce qu’ils ressentent et ce en quoi ils croient. Rien n’est « bien » ou « mal »; les facilitateurs ne jugent pas les conclusions des élèves mais remettent en question leurs croyances et leurs décisions avec des questions. Les facilitateurs encouragent également l’échange de réflexions entre pairs et animent des discussions entre pairs.

 

Formation des enseignants

 

Les rôles du facilitateur et du « client » (l’élève) ainsi que les méthodes de formation étaient totalement nouveaux pour les classes égyptiennes. La formation des facilitateurs est le facteur clé de la réussite de l’orientation professionnelle dans les TSS. Les meilleurs facilitateurs ont été formés au rôle de multiplicateur (c’est-à-dire qu’ils peuvent former de nouveaux facilitateurs). Ce modèle de formation était nécessaire, car aucun programme d’orientation professionnelle n’existe encore dans les universités ou dans les établissements de formation des enseignants.

 

Toutes les formations en orientation professionnelle des enseignants se divisent en trois étapes:

  • Théorie: six journées complètes de formation intense et interactive, au cours desquelles les enseignants sont exposés à une partie du contenu du programme et à l’ensemble de ses méthodes.
  • Pratique: les enseignants mettent en oeuvre le programme avec des élèves dans le cadre de la partie pratique de leur formation.
  • Réflexion: les acquis de l’apprentissage des élèves sont contrôlés et évalués. Une réflexion est ensuite menée sur les expériences pratiques des enseignants lors d’un atelier de trois jours qui fait suite à chacune des phases pratiques. Des coaches rendent visite aux facilitateurs deux fois pendant la phase pratique afin de leur fournir un feed-back individuel.

 

Cette combinaison de théorie, de pratique et de réflexion se répète pour chaque année scolaire: pendant les vacances d’été, les enseignants suivent six journées de formation sur les contenus et les méthodes destinés aux élèves de seconde (premier manuel), ils sont ensuite envoyés sur le terrain pour mettre ces connaissances en application (partie pratique de leur formation), puis se réunissent à nouveau pour réfléchir ensemble à leurs expériences pratiques avec des collègues et des formateurs. Le cycle se répète ensuite pour les supports de formation destinés aux élèves de première et de terminale.

 

Parallèlement, le projet EPP de la GIZ aide le ministère de l’Éducation à élaborer un parcours professionnel pour les professionnels de l’orientation (enseignants, facilitateurs, multiplicateurs, maîtres formateurs) en coopération avec les établissements d’enseignement supérieur, et à compléter la formation avec des outils d’apprentissage en ligne destinés à la formation continue.

 

Institutionnalisation et diffusion

 

Le cursus, le cahier de l’élève et les manuels de formation des facilitateurs et des multiplicateurs sont approuvés par le ministère de l’Éducation et par son institut interne de formation des enseignants, l’Académie professionnelle des enseignants (Professional Academy for Teachers – PAT). Tous les manuels d’application et de formation sont publiés et disponibles en arabe.

 

Le ministère de l’Éducation a créé une unité « School to Work-Transition (STWT) » au niveau central (national) ainsi que des unités STWT dans chaque gouvernorat. Cette structure institutionnelle est importante pour la diffusion du programme d’orientation professionnelle et la coordination de l’orientation professionnelle avec d’autres services scolaires liés à l’emploi (formation entrepreneuriale, placement, formation technique, informations sur le marché du travail, sécurité et santé au travail). Cette organisation se reflète également au niveau de l’école. Le lancement de l’orientation professionnelle dans l’enseignement technique est appuyé par des donateurs (GIZ, USAID, UE, OIT).

Activités

Le programme d’orientation professionnelle

 

Les sessions et activités du programme sont bâties autour de trois grands thèmes: connaissance de soi, sensibilisation aux opportunités et gestion de la transition.

(nombre de sessions de 90 minutes chacune)

 

Les élèves de seconde commencent par une série de leçons et d’activités axées sur la connaissance de soi : ils étudient leurs objectifs de vie personnels, prennent conscience des compétences qu’ils possèdent déjà ou qu’ils peuvent acquérir facilement, gèrent leurs valeurs personnelles et produisent des idées de premier emploi (sur la base de leurs compétences et de leurs valeurs).

 

En première (deuxième année du programme d’orientation professionnelle), l’accent est mis sur la découverte du monde du travail et des opportunités de formation (sensibilisation aux opportunités): les élèves prennent conscience du fait que les marchés du travail évoluent rapidement, ils acquièrent des techniques de recherche et de formation de réseaux, approfondissent les opportunités de travail et d’apprentissage, apprennent des techniques de recherche d’emploi et de candidature et étudient des incidents critiques (situations professionnelles problématiques réalistes).

 

La dernière année est principalement consacrée à la recherche et à la comparaison d’options et de voies de transition ainsi qu’à la planification individuelle de la transition.

 

Activités supplémentaires

 

Plusieurs autres activités viennent appuyer le travail réalisé par le projet EPP (GIZ) sur l’orientation professionnelle:

  • Un jeu en ligne (« Candy Career »), basé sur les trois grands piliers du programme (connaissance de soi, sensibilisation aux opportunités, gestion de la transition), est accessible à tous les jeunes.
  • Des ressources d’information sur les carrières (21 vidéos de profils professionnels et des cartes des professions) ont été développées en coopération avec l’OIT et pourront servir de base à un futur système d’information sur l’orientation professionnelle. Les vidéos des profils professionnels ont été filmées avec l’aide de plusieurs entreprises de différents secteurs (hôtellerie, restauration, confection, impression, entretien des véhicules, etc.) et sont disponibles (en partie avec des soustitres en anglais) sur la chaîne YouTube Egypt-at-Work.
  • Une autre activité facultative est le « Opportunity Scouting Camp » (camp de recherche d’opportunités) élaboré par le projet EPP de la GIZ: des élèves volontaires sont « embauchés » pendant les vacances d’été par une entreprise virtuelle qui existe pendant une quinzaine de jours et est gérée par des facilitateurs de l’orientation professionnelle, souvent appuyés par des employeurs mentors ou par des professionnels des ressources humaines. L’entreprise a pour objet d’étudier de manière systématique un secteur particulier du marché du travail pour les employeurs et pour les demandeurs d’emploi. Les « employés » (élèves) font des recherches sur le domaine prédéfini et interrogent les employeurs (sur leurs postes vacants) et les jeunes demandeurs d’emploi (profils des demandeurs d’emploi). Tous sont ensuite invités à se rendre au salon de l’emploi qui conclut l’expérience de recherche de nouvelles opportunités. Les opérations au bureau et sur le terrain sont « supervisées » par des facilitateurs. L’activité commence par une semaine d’orientation professionnelle, de formation de préparation à l’emploi, de formation à la recherche d’emploi et de « recrutement »: les élèves postulent à des offres d’emploi virtuelles et signent des « contrats ». Ils sont ensuite envoyés sur le terrain pendant une quinzaine de jours ou alors ils se consacrent au traitement et à la saisie des données pour la logistique et l’administration. La recherche de nouvelles opportunités simule des procédures opérationnelles standard professionnelles et produit un service à forte valeur ajoutée à la fois pour les employeurs et pour les demandeurs d’emploi, apportant à ces derniers des compétences professionnelles pertinentes.
Ressources
  • L’orientation professionnelle dépend de la présence d’enseignants engagés et compétents. Les résultats du projet sont directement attribuables aux efforts, aux initiatives et à l’engagement des enseignants techniques égyptiens.
  • La formation des enseignants (facilitateurs, multiplicateurs, maîtres formateurs), même si elle est onéreuse et si possible assortie de coaching et d’un échange professionnel continu, est également cruciale.
  • L’appui des équipes de gestion des établissements scolaires et le soutien politique de l’administration du système éducatif sont indispensables pour encourager le changement culturel dans les écoles et offrir des cadres de travail, des cursus, des manuels et des formations d’enseignants adaptés.
  • Il est utile de disposer d’une salle de classe flexible, avec des équipements d’aide tels que des cartes de modération, des vidéos (ordinateur portable, vidéoprojecteur, haut-parleur), des appareils photo simples (pour la recherche), des tableaux à feuilles ou des panneaux d’affichage, des tableaux noirs ou blancs, du papier et des crayons, ainsi que d’autres éléments pour les jeux éducatifs (boîtes, fourchettes, bandeaux, scotch).
  • Pour la réussite à long terme, le programme a également besoin du soutien externe de parents et du secteur privé pour appuyer le programme.
  • Le ministère de l’Éducation a joué un rôle clé dans le développement de la politique et du programme ainsi que dans l’attribution de la dotation budgétaire et de l’appui administratif qui ont permis de lancer le programme dans l’ensemble du pays et d’étendre peu à peu les services  d’orientation professionnelle à l’enseignement technique (enseignement primaire et préparatoire) et à l’enseignement supérieur.
Résultats

Résultats quantitatifs

Début 2018, plus de 50 000 élèves de 298 établissements d’enseignement technique secondaire répartis dans l’ensemble des 27 gouvernorats égyptiens bénéficiaient du service.

Plus de 1 300 enseignants avaient été formés à la fonction de facilitateur de l’orientation professionnelle par 32 multiplicateurs.

 

Résultats qualitatifs

Les résultats de l’évaluation montrent que le programme d’orientation professionnelle a eu un impact transformateur sur les individus:

 

  • Les résultats du programme sont considérés comme hautement efficaces en termes d’apprentissage transformateur par tous les groupes d’acteurs (élèves, enseignants en orientation professionnelle, parents et personnel du projet).
  • La conception du programme, axée sur le développement personnel et les capacités, les perspectives de vie et les parcours professionnels de l’élève (client), est très appréciée par tous les acteurs. Les élèves et les enseignants apprécient cette méthode d’enseignement-apprentissage basée sur l’expérience.
  • Une nette majorité des bénéficiaires considère l’orientation professionnelle comme bénéfique et la recommande aux autres.
  • Par rapport à un groupe témoin, les élèves participants sont plus nombreux à avoir élaboré des objectifs de carrière et à poursuivre l’apprentissage d’une nouvelle compétence ou d’une nouvelle langue. Ils ont davantage confiance en eux et sont plus actifs et plus optimistes. Les élèves participants possèdent de meilleures compétences de recherche d’emploi (comme le montre leur auto-évaluation mais aussi leurs efforts de recherche d’emploi).

 

Institutionnalisation et pérennité

 

  • Les unités « School to Work-Transition » ont été créées au niveau central et au niveau des gouvernorats. Elles appuient la décentralisation et la diffusion des services d’orientation professionnelle et autres services liés à l’emploi dans le pays.
  • Les cursus, les méthodes et les formations à l’orientation professionnelle sont agréés pour l’enseignement technique.
  • Un solide groupe d’experts nationaux (multiplicateurs et maîtres formateurs) s’occupe de promouvoir et de diffuser activement le programme.
Conseils aux professionnels

S’adapter au changement de paradigme!

Après le changement de millénaire, l’orientation professionnelle devient

  • « construction d’une carrière » plutôt que « choix d’une carrière »
  • un « avant-goût du monde du travail » plutôt qu’un « test psychologique »
  • des « compétences de gestion de carrière personnelles » plutôt qu’un « appui expert externe »

 

L’orientation professionnelle a besoin d’une approche axée sur l’élève qui permette d’aboutir à des acquis de l’apprentissage (variés) hautement individualisés, alors que la définition et l’« enseignement » des intrants sont, eux, standardisés.

 

Réinventer la roue!

 

Utiliser les principes et les fondements communs de l’orientation professionnelle pour recréer des interventions en collaboration avec les véritables experts de la salle de classe (les enseignants). Le programme est ainsi parfaitement ajusté au contexte éducatif et au marché du travail local, enrichi d’un savoir-faire pédagogique, de concepts, de terminologie, de concepts mentaux et d’accents culturels locaux et intégré de manière optimale dans la scolarisation ordinaire.

 

Pratiquer et réfléchir à la pratique!

 

Le triptyque de la formation (théorie, pratique et réflexion) est essentiel:

  • pour que les enseignants expérimentent de nouvelles méthodes d’animation (d’abord sur eux-mêmes, en tant que participants à des formations, puis sur les élèves);
  • pour apprendre des enseignants les réalités de la salle de classe et utiliser leur potentiel pédagogique créatif pour traduire le feed-back en leçons et en activités.

 

Timing!

 

Le meilleur moment pour enseigner l’orientation professionnelle est lorsque les élèves comprennent qu’il est important de planifier leur avenir post-diplôme et que la pression économique qui les incite à gagner de l’argent n’est pas encore trop forte ou trop urgente. Les périodes d’examens sont à éviter. Il est également important de synchroniser les sessions avec d’autres activités liées à l’emploi (stages, etc.).

 

Réseaux!

 

La formulation des objectifs personnels se fait du point de vue du client (élève) et non du point de vue du facilitateur (enseignant). Les méthodes de formation nécessitent un climat de confiance entre un facilitateur impartial (dont la tâche est d’aider le client à atteindre ses objectifs), une ouverture aux expériences de la vie réelle et un mélange de pédagogie et de conseil.

Outre la bonne relation entre les élèves/clients et les enseignants/facilitateurs, les écoles ont besoin de partenaires pour délivrer l’orientation professionnelle. Les leçons et les activités doivent s’étendre au-delà de la salle de classe et impliquer des membres de la famille, des employeurs ainsi que des établissements d’enseignement et de formation.

 

Sélection des enseignants

 

L’introduction du programme d’orientation professionnelle exige des enseignants qu’ils suivent une formation intensive, qu’ils fassent beaucoup d’heures supplémentaires non rémunérées et qu’ils se remettent en question pour se glisser dans le rôle d’apprenant et avoir le courage d’essayer quelque chose de nouveau. Voici quelques critères importants qui ont été utilisés pour la sélection des premiers enseignants (pilotes) qui ont suivi la formation. Les futurs facilitateurs doivent:

  • Aimer les élèves (être capables de tisser des liens avec les élèves et avoir le courage de le faire à un niveau de plus en plus personnel).
  • Aimer apprendre (être capables d’être à la fois des apprenants et des formateurs et avoir la curiosité, l’ouverture d’esprit et la créativité nécessaires pour apprendre et développer de nouvelles méthodes et de nouvelles activités qu’ils partageront avec leurs collègues).
  • Aimer mettre les choses en pratique et tirer des enseignements de l’expérience pratique (contrairement aux approches universitaires théoriques).

 

Phase d’expérimentation et de lancement

 

Au départ et pendant longtemps, aucune autre incitation n’a été proposée pour motiver les enseignants que l’attractivité de la formation elle-même et l’impact que le programme a eu sur leurs élèves et sur leurs relations avec les élèves. À cette étape initiale, un taux d’abandon de 50% est à prévoir pour la première cohorte de facilitateurs et de multiplicateurs. Seuls les enseignants très impliqués et convaincus restent et remplissent les fonctions d’ambassadeurs, de formateurs et d’experts. Ce taux initial diminue rapidement au fur et à mesure que le programme prend forme. D’autres enseignants rejoignent le programme et les services s’étendent avec l’appui du ministère.

 

À long terme toutefois, un programme ne peut réussir que si le ministère lui apporte son soutien par le biais d’une politique, d’un réseau et d’un budget. Le lancement a besoin de standardisation (cursus, cahiers, manuel de formation), d’institutionnalisation, d’apprentissage institutionnel et de collaboration entre les institutions.

 

Des guides d’application détaillés (manuels) et des évaluations de la formation valident le cursus et incitent les cohortes d’enseignants suivantes à utiliser le même cursus dans toutes les classes et avec tous les élèves, avec une série prédéfinie d’activités et de méthodes (intrants standard), pour favoriser l’apprentissage, les résultats et les acquis individuels. Les résultats de l’apprentissage ne sont pas évalués par le facilitateur, mais par son client, l’élève individuel.

Contact

Mr. Emad M. Helmy

GIZ Employment Promotion Project (EPP) Egypt

Emad.helmy@giz.de

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